A l’issue du meeting organisé par le Collectif "Touche Pas à ma constitution" le samedi 10 Septembre 2011 à la bourse du Travail, ci dessous les commentaires de la manifestation qui visait à dire non à la réforme constitutionnelle.

Réformes institutionnelles : Le président du SYLMAT dénonce la fuite en avant des politiciens
La Bourse de Travail a servi de cadre, samedi 10 septembre dernier, à la tenue d’un meeting organisé par le collectif dit « SOS démocratie, touche pas à ma constitution  ». Ont pris part à cette rencontre sur les réformes institutionnelles, l’UNTM, le SYLMAT, la Société Civile, les Partis Politiques. Plusieurs interventions ont marqué cette rencontre, au cours de laquelle, les intervenants ont déversé tout le venin qu’ils avaient sur les plus hautes autorités en dénonà§ant l’architecture proposée par les initiateurs des textes, le coà »t des opérations. Les conférenciers ont attiré l’attention de leur compatriote sur le fait que c’est une nouvelle constitution qui leur est proposée. En conséquence, ils invitent les uns et les autres à s’intéresser à la chose et à réfléchir sur cette nouvelle constitution qui changerait tout. Nous avons retenu pour vous l’intervention du président du Syndicat Libre des Magistrats, Founèye Mahalmadane en tant que syndicaliste et non Magistrat.
Depuis quelque temps, l’UNTM, à travers son secrétaire général, a montré son opposition à la mise en Å“uvre des réformes institutionnelles. Siaka Diakité a sillonné le Mali profond pour donner la position de la centrale à ses antennes. La nouveauté, c’est la prise de position du Syndicat libre de la magistrature. En prenant le crachoir, le président du SYLMAT a indiqué qu’il est heureux d’àªtre là en tant que Syndicaliste et de pouvoir s’exprimer sur une question d’actualité. D’entrée de jeu, il a fait savoir que si nous sommes là aujourd’hui c’est parce que on est en train de récolter la conséquence de la fuite en avant des politiciens. Chacun voulait ou àªtre au gouvernement ou àªtre dans les bonnes grà¢ces du prince du jour. « Comme nous nous sommes battus par le passé, nous allons continuer à nous battre. Vous pouvez continuer à croire que le SYLMAT fera cette bataille jusqu’au bout. Nous pensons que nous sommes un contre pouvoir. Comme tout syndicat de magistrats, on doit àªtre des sentinelles pour la démocratie et les institutions de la République. Nous allons occuper notre place. Nous ne savons pas si certains le feront, mais nous, nous allons le faire jusqu’au bout  », a-t-il asséné avant de poursuivre sur ces termes : « absolument rien ne justifie cette reforme, si ce n’est le désir de plaire à un homme qui est en train de nous faire croire que la République n’est née qu’avec 2002. Il rappelle allègrement à la télé que c’est lui qui a fait la constitution. Il est omnipotent et omniscient. J’ai été surpris que la loi constitutionnelle ait été votée. Les députés nous avaient rassurés que ce n’était pas bon et opportun. Le temps est arrivé pour que le Mali sorte de l’ornière. Tant qu’on aura cette classe politique, on ne peut rien attendre d’elle.  » Il a indiqué qu’en tant que syndicaliste, que le SYLMAT pense que la réforme n’est pas opportune. « Il y a des points que nous trouvons aberrants de mettre dans une constitution. D’abord, la référence à Kouroukan Fuga qui est une négation totale des droits de l’homme d’un bout à l’autre. Il fait l’apologie des règles anti démocratiques. Il y a un homme qui veut tout inventer et qui pense qu’il faut faire le forcing pour mettre tout dans Kouroukan Fuga qui ne représente rien.  »
Par rapport à la désignation des membres de la Cour constitutionnelle, le président du SYLMAT pense que la constitution de 1992 faisait l’équilibre entre les pouvoirs. « Les initiateurs du texte avaient exclu le Conseil supérieur de la Magistrature. Nous n’avons pas compris et nous avons protesté auprès du pouvoir public à l’époque. Ils ont partagé la poire en deux. On pouvait s’accommoder de cette répartition. On a été surpris de voir que l’Assemblée Nationale a gommé le Conseil supérieur de la magistrature en reprenant exactement ce que nous avons combattu. Nous pensons que l’équilibre est rompu. Je pense qu’il ne faut pas bàªtement recopier ce qui se passe ailleurs, màªme ailleurs à§a n’a pas marché  ». En ce qui concerne la nomination du président, c’est la règle qui ne passe pas, dit-il. « Nous avons rappelé au président de la République que l’histoire récente de la sous-région, nous interdit d’aller vers à§a. Je connais aujourd’hui la magistrature malienne. Je suis magistrat. Malheureusement, c’est une réalité, si on vote comme à§a on aura beaucoup de mal pour servir le président de la République. Le syndrome ivoirien est suffisamment illustratif et je pense qu’il faut éviter de créer des problèmes là o๠il n’y en a pas. On n’a pas enregistré de problèmes majeurs pour aller aujourd’hui vers une réforme de fond de notre constitution  ».
Pour ce qui est de l’institution du Sénat, le magistrat et syndicaliste Founèye a fait savoir que « le Sénat ne va rien améliorer dans la procédure législative, à part nous créer des charges extraordinaires. Aujourd’hui, le gouvernement est, complètement, à l’aise avec l’Assemblée Nationale et le sera davantage avec le Sénat. Cette histoire de Sénat est une invention du président de la République. Il aura le droit de nommer le tiers et c’est l’occasion de remercier les amis pour service rendu pendant dix ans. C’est tout, sinon rien d’autre. Regarder le niveau des débats au niveau du Haut conseil des collectivités ! Il y a rien de plus value à ce niveau  ».
A propos de la nouvelle procédure de révision constitutionnelle, le président du SYLMAT a indiqué qu’on ne peut pas retirer au peuple ces prérogatives pour les attribuer à une fraction du peuple. « Combien de projets de lois de l’Assemblée nationale ont été rejetées ? Il n’y a n’a pas. Vous avez suivi l’histoire de l’Assurance Maladie Obligatoire. Le président a donné une autre définition du mot obligatoire que tout le monde connait. Au niveau du parlement, on a dit qu’il a raison. C’est cette assemblée qui va venir reformer notre constitution. Je pense qu’il s’agit d’une atteinte grave à la souveraineté du peuple. C’est une immixtion grave que l’on permet à l’Assemblée de faire dans les attributions du pouvoir judiciaire. Si cette constitution passait, un juge, dans ses attributions ordinaires ne peut pas placer un député sous mandat de dépôt màªme si l’Assemblée décidait de lever l’immunité parlementaire de ce député. Il faut aller prendre l’accord du parlement avant de pouvoir le faire. Cela veut dire que c’est le parlement qui va décider de placer ou de ne pas placer l’intéressé sous mandat de dépôt. Au sein de la constitution nous avons des contradictions flagrantes qui font que à§a va créer des problèmes  », a martelé le président du SYLMAT avant de conclure en disant que si cette constitution passait, « je pense que chacun d’entre nous a le droit de se chercher un autre passeport car la République serait en danger  ».
Youma Le Pouce, 12/09/2011
Oumar Mariko lors du meeting du Collectif “Touche pas à ma Constitution†: « Il faut faire la différence entre société civile et société servile !  »
Le Collectif « Touche pas à ma Constitution  » vient véritablement de démarrer son combat contre la révision constitutionnelle initiée par le Président de la République. Ce regroupement d’hommes politiques, d’organisations de la société et d’hommes de droit a tenu un meeting de sensibilisation et d’information pour inviter les Maliens et les Maliennes à dire Non au référendum que le pouvoir s’appràªte à organiser. C’était le samedi 10 septembre à la Bourse du travail et tous les responsables du Collectif avaient répondu présent. Au cours du meeting, le Président du SYLIMA s’est montré très critique à l’endroit de nos hommes politiques et a fustigé certaines disposition de la nouvelle constitution.
On pouvait voir au présidium le Secrétaire général de l’UNTM, Siaka Diakité, le Pr Ali Nouhoum Diallo, Président de la COMODE, le Président du Syndicat libre de la magistrature (SYLIMA), Hameye Founè Mahamadane, le Président du Forum des organisations de la société civile, Adama Diakité, le Secrétaire général de SADI, l’Honorable Oumar Mariko et l’avocat Me Gaoussou Diarra.
Ce Collectif pluridisciplinaire vise un seul objectif : appeler les populations à voter Non au référendum de révision de la Constitution malienne du 25 février 1992. Des partis politiques, comme la CNAS Faso Hèrè, l’UNPR, SADI sont également associés à cette démarche du collectif né pour combattre la révision constitutionnelle.
« C’est la conséquence de la fuite en avant des hommes politiques. Rien, absolument rien, ne justifie cette révision constitutionnelle. C’est le sentiment de tout faire pour plaire à un seul homme  », a déclaré le Président du SYLIMA, avant de se déclarer surpris de voir que l’Assemblée nationale a voté cette loi de révision constitutionnelle. Car, depuis le début, il pensait qu’il allait s’y trouver une majorité pour voter contre cette réforme. Pour le président du SYLIMA, les hommes politiques veulent ramener l’histoire à un homme. Sinon, il ne comprend pas ce qui peut justifier cette révision constitutionnelle, qui, d’ailleurs, est loin d’àªtre conforme aux aspirations du peuple malien. Hameye Founè est formel, « le Sénat ne va rien améliorer dans la procédure législative, si ce n’est créer des charges extraordinaires pour notre pays. Dans l’histoire législative de notre pays, combien de lois ont-elle été rejetées par l’Assemblée nationale ?  », comme en témoigne l’adoption des lois sur l’AMO et le Code, qui été adoptées par l’Assemblée nationale, et dont tout le monde connaà®t la suite. Il considère que cette nouvelle constitution est une atteinte grave à la souveraineté du peuple. Il y voit màªme une immixtion du pouvoir législatif dans le pouvoir judiciaire. Et pour cause, « les magistrats, dans l’exercice de leur fonction, ne pourront plus détenir un député sans qu’on lève son immunité parlementaire. Et màªme si le magistrat obtenait la levée de son immunité, il faudra qu’il vienne aussi demander l’autorisation de l’Assemblée nationale  », a-t-il dit. C’est pourquoi, il a estimé que chacun avait intéràªt à se chercher un nouveau passeport, parce que la République est en danger avec cette nouvelle constitution.
Pour sa part, Me Gaoussou Diarra a relevé les faiblesses de la réforme proposée. Il s’agit notamment de la référence à la Charte de Kurukan Fuga, à la discrimination positive, le refus de la binationalité, qu’il considère comme dépassé au 21e siècle, et la création d’une agence chargée de l’organisation des élections dans notre pays, entre autres. Dans son entrée en matière, le Secrétaire général du SADI, l’Honorable Oumar Mariko s’est réjoui du soutien du Forum des organisations de la société. A ses dires, cela permettra de faire la différence entre « la société civile et la société servile  ». D’o๠son encouragement à Adama Diakité et à son organisation pour leur adhésion à ce combat national. Au-delà de ces considérations, l’Honorable Mariko est convaincu que cette réforme a été dictée de l’extérieur. « C’est une constitution taillée sur mesure pour le nouveau président qu’ils veulent nous imposer en 2012  », a-t-il affirmé, avant de dévoiler au grand jour certains secrets sur les circonstances dans lesquelles a été adoptée cette loi, et bien d’autres lois de la République.
De son côté, Siaka Diakité a assuré le Collectif du soutien de sa centrale syndicale jusqu’à l’atteinte de l’objectif fixé au départ. « Nous l’avons dit, et je le répète, quelle opportunité pour notre pays d’aller à une réforme constitutionnelle ? Elle est inutile  », a-t-il souligné, avant de dire que tout le monde était unanime sur le fait que la vie au Mali était chère et que le Conseil national des prix qui a été mis en place n’a eu aucune répercussion sur le coà »t des produits de consommation. C’est pourquoi Siaka Diakité pense que dans cette période de vaches maigres il urge de surseoir à la tenue de ce référendum constitutionnel.
Youssouf Diallo / 22 Septembre 2011 du 12/09/2011
Réforme de la constitution : Le front du Non galvanise ses troupes
Le Collectif « Ne touche pas à ma constitution  » a organisé, le samedi 10 septembre 2011, un meeting à la bourse du travail pour réitérer sa volonté de mobiliser le peuple malien pour barrer la route à l’initiative présidentielle de révision de la Constitution de 1992.
Lors du meeting de la bourse du travail, de Siaka Diakité, secrétaire général de l’UNTM, au représentant du parti de Zoumana Sacko, en passant par Adama Diakité, Président du Forum des organisations de la société civile du Mali, Hamèye Founè Mahalmadane, secrétaire général du syndicat libre de la magistrature (Sylima), le Pr Ali Nouhoum Diallo, Président de la Coordination malienne des organisations démocratiques (Comode), Modibo Sangaré, Président de l’Unpr, Dr Oumar Mariko, secrétaire général du parti Sadi, ont tous réaffirmé l’engagement de leurs structures dans la bataille qui doit mettre fin à la volonté présidentielle de réviser la constitution de 1992 du Mali.
Après avoir dénoncé l’inopportunité de la révision de la constitution, Siaka Diakité, a indiqué : « Si c’est dans l’intéràªt du peuple malien, ATT est suffisamment édifié que le peuple n’en veut pas  ». Il a ajouté : « Nous n’allons plus nous taire. Nous disons non à cette faà§on de réformer notre constitution  ». Adama Diakité, Président du Forum des organisations de la société civile, a voulu savoir si des difficultés liées à la pratique ont empàªché le fonctionnement des institutions ou s’il y a eu des crises majeures qui justifient aujourd’hui et à l’instant une réforme constitutionnelle. « A ces questions, nous répondons non  », a-t-il déclaré. Avant de rappeler que la société civile dans une déclaration commune avait dénoncé, depuis le 14 mai 2011, son désaccord à lier le processus électoral au projet de réforme constitutionnelle.
« A présent, nous soutenons qu’il faut totalement surseoir à l’organisation d’un référendum afin de permettre à toutes les composantes de la société de s’investir sérieusement pour la pleine réussite des élections présidentielles et législatives de 2012  », a-t-il déclaré. Quant à Hamèye Founé Mahalmadane, secrétaire général du Sylima, il a soutenu que si le Mali est aujourd’hui dans de sales draps, c’est par la faute des homms politiques. Mais, il a rassuré tous ceux qui étaient au meeting de l’engagement du Sylima à leurs côtés pour cette bataille jusqu’au bout. « Nous sommes des sentinelles de la démocratie et des institutions  », a-t-il déclaré.
Il est convaincu que rien ne justifie cette réforme « si ce n’est le désir de plaire à un seul homme qui croit que la République du Mali est née avec son accession au pouvoir  ». En plus de la référence faite à Kouroukanfouga qu’il considère comme une négation des droits de l’Homme, le secrétaire général du Sylima a affirmé que le Sénat a été créé dans la nouvelle constitution pour permettre au président de la République sortant de caser ses amis et copains avant son départ. Pour conclure, il a déclaré qu’ « avec cette constitution, la République du Mali serait en danger  ».
Le Pr Ali Nouhoum Diallo a invité les Maliens à se lever comme un seul homme pour refuser cette imposition de l’arbitraire. « Prenons la rue, c’est la seule solution  », fut l’introduction de Modibo Sangaré, président de l’Unpr qui est déjà dans la rue tous les vendredis soir avec ses militants et camarades politiques pour dénoncer cette réforme constitutionnelle, la vie chère et la corruption généralisée. « Le changement est nécessaire dans ce pays. La constitution que ATT veut imposer au peuple malien est démocraticide et liberticide  », a-t-il déclaré.
Le Dr Oumar Mariko du Parti Sadi, après avoir clairement indiqué que toutes les dispositions sont prises au niveau de leur parti pour dire non à la constitution, a profité de l’espace pour dénoncer le décret pris en conseil des ministres le mercredi dernier portant nomination des membres de la Ceni. Nombreux sont les participants qui ont été édifiés par l’analyse sans complaisance que Me Gaoussou Diarra a faite du nouveau texte constitutionnel. Selon lui, la nouvelle constitution consacre des inégalités, exclut les jeunes et les nombreux Maliens qui ont d’autres nationalités dans la course au fauteuil présidentiel. A son avis, le président de la République du Mali devient un monarque, avec des pouvoirs exorbitants. « Par cette constitution, nous allons consacrer un Roi et nous allons tous devenir des sujets et non des citoyens  », a-t-il ajouté. Pire, il a signalé qu’on a affaire à une nouvelle constitution. Siaka Diakité a finalement lancé un appel à tous les Maliens : s’appràªter pour respecter les mots d’ordre de mobilisation qui seront lancés pour barrer la route à cette tentative de faire du Mali une République bananière.
Assane Koné / Le Républicain, 12/09/2011
Projet de Réforme constitutionnelle : Les contestataires ne mobilisent pas
Entre les spéculations politiciennes et les affres des préoccupations quotidiennes des Maliens, il y a bien un décalage. La preuve ? L’appel lancé par l’Alliance contre le projet de reforme est tombé dans des oreilles de sourds. Les rares partisans de la contestation qui se sont mobilisés le week-end dernier à la Bourse du travail, étaient presque imperceptibles. Les Maliens semblent avoir choisi leur camp. C’est en tout cas, le constat fait lors du meeting organisé par l’Alliance contre le projet de réforme constitutionnelle.
Cette rencontre a regroupé autour de l’UNTM, la Coordination des organisations des mouvements démocratiques (COMODE), le Forum des organisations de la société civile et certaines formations politiques. Avec une timide mobilisation, lors de ce premier meeting de contestation, les responsables de l’Alliance sont montés au créneau pour expliquer les incohérences et les dangers de ce projet sur l’avenir de notre démocratie. Cette Alliance contre le projet de réforme constitutionnelle est le résultat des échanges de la Société civile sur l’avenir politique de notre pays. Il s’agit pour elle d’empàªcher le président de la République de remettre en cause les acquis de Mars 1991. C’est pourquoi, au cours de ce meeting, les différentes organisations de cette Alliance ont tenu à clarifier leur opposition par rapport au projet.
Le Secrétaire général de l’UNTM, Siaka Diakité comme d’habitude, a expliqué les raisons de l’engagement de l’UNTM auprès des organisations pour protester contre le projet de réforme. Selon lui, les missions de l’UNTM (la défense des intéràªts des travailleurs et la sauvegarde des acquis du peuple) exige un engagement plus fort pour bloquer l’aventure de Koulouba. M. Diakité a invité l’initiateur de ce projet, le président de la République, ATT, à revoir sa copie en mettant l’accent sur d’autres priorités. « L’engagement de l’Alliance traduit notre attachement à l’Etat et aux valeurs républicaines. Pour quel intéràªt et pour qui cette réforme ? Si c’est pour nous, nous disons Non. Les priorités sont énormes : la cherté de la vie, l’état catastrophique de l’école et les difficultés financières du moment », explique-t-il. Interrogé sur le projet d’arrestation qui serait en cours contre lui, le Secrétaire général de l’UNTM, avec un sang froid indescriptible, nous a répondu en ces termes : « Je suis au màªme niveau d’information que vous. Mais, une chose est sà »re, je n’ai peur de personne, je suis dans le syndicalisme depuis mes 17 ans. La menace est la méthode du pouvoir. Jusqu’à preuve de contraire, je suis libre et je circule sans garde du corps », martèle-t-il.
A la suite de Siaka Diakité, Me Gaoussou Diarra a rejeté en bloc ce projet tant dans sa forme que dans son contenu. Selon lui, « la démarche du projet n’est pas une révision, mais plutôt une volonté visant à doter le Mali d’une nouvelle Constitution dans la mesure o๠cette réforme change complètement l’architecture constitutionnelle de notre pays ».
Quant au président du SYLMA, Hamèye Founé Mahalmadane, il a pointé du doigt la classe politique, arguant qu’elle a prouvé son incapacité totale à jouer son rôle au nom d’une gestion consensuelle du pouvoir. Et d’ajouter que « rien ne justifie cette réforme, si ce n’est de faire plaire à un homme qui veut tout inventer  ». En prenant l’exemple sur certains points de ce projet, notamment la référence faite à la charte de Kurukanfuga, la méthode de désignation des membres de la cour constitutionnelle, la création du Senat et la levée de l’immunité parlementaire par l’Assemblée Nationale, le président du SYLMA estime que « ce projet est une aberration ». Mais, il est à noter que face à la faible mobilisation enregistrée, l’inquiétude était de taille chez le président de l’UMPR, Modibo Sangaré, qui a une triste expérience en la matière. Lui qui avait donné le ton de la contestation à travers une série de marches, a invité les différentes organisations de l’Alliance à changer de méthode. Il estime que Koulouba n’est pas sensible aux conférences-débats et autres meetings.
L’absence remarquée de Daniel Tessougué
Cette absence de Daniel Tessougué à ce premier meeting de l’Alliance contre le projet de reforme constitutionnelle n’a laissé personne indifférente. Cette « pièce maà®tresse de la contestation » n’a pas fait le déplacement pour soutenir ses camarades. Joint par téléphone pour connaà®tre les raisons de son absence, icl nous a simplement dit qu’il était empàªché. Cette absence de Daniel Tessougué est-elle le signe d’un échec programmé ?
Et si Madani Tall avait raison
La faible mobilisation de l’Alliance lors de ce premier meeting risque de donner raison à Madani Tall, président de l’ADM qui qualifiait les contestataires de « démagogues incapables de mobiliser la moindre personne ». Màªme s’il est prématuré de juger la force de mobilisation de cette Alliance dans les jours à venir, une chose est sà »re : des doutes planent sur sa capacité d’atteindre son objectif.
Nouhoum DICKO / Le Prétoire, 12/09/2011
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